JNEC-CI 2026 : le CICC trace la voie pour transformer la volatilité des prix en levier de croissance durable
À travers une intervention remarquée, Monsieur Malamine Sanogo, représentant du CICC, a appelé à une transformation profonde : faire passer l’Afrique du statut de simple price-taker à celui d’acteur capable d’influencer la formation des prix mondiaux.
Un panel de haut niveau au cœur des enjeux
Cette réflexion stratégique a été menée lors d’un panel réunissant des acteurs clés de la filière :
- Alliance pour le Cajou Africain, représentée par Monsieur Issakou Moussa ;
- Organisation Interprofessionnelle Agricole – Anacarde, présidée par Monsieur Soro Beh ;
- Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA), représenté par Madame Assita Traoré, Directrice exécutive adjointe.
En ouverture, Monsieur Sanogo a salué Association des Exportateurs de Cajou de Côte d’Ivoire (AEC-CI) au nom du Secrétaire Exécutif du CICC pour l’organisation réussie de cette 6ᵉ édition des JNEC-CI, ainsi que l’ensemble des participants pour la qualité des échanges.
La volatilité des prix : un défi structurel majeur
Dans son diagnostic, Monsieur Sanogo a qualifié la volatilité des prix de la noix de cajou de « super facteur d’instabilité » pour la filière africaine.
Ses impacts se font sentir sur trois piliers fondamentaux :
- Le revenu des producteurs, fragilisé par des fluctuations imprévisibles ;
- La qualité de la noix, souvent affectée lorsque l’incertitude décourage les bonnes pratiques post-récolte ;
- La transformation locale, dont la compétitivité dépend d’une meilleure visibilité sur les coûts d’approvisionnement.
S’il a rappelé que la volatilité est inhérente aux marchés mondiaux des matières premières, Monsieur Sanogo a souligné qu’elle est accentuée en Afrique par l’absence de mécanismes endogènes de formation des prix et par une forte dépendance vis-à-vis des acheteurs internationaux.
Le rôle stratégique du CICC : coordonner, pas opérer
Face à ces défis, le représentant du CICC a rappelé la vocation institutionnelle de l’organisation, qui regroupe aujourd’hui 12 pays producteurs.
Le CICC ne se positionne pas comme opérateur de marché, mais comme architecte stratégique de solutions régionales.
« Notre ambition est claire : accompagner l’Afrique dans sa transition d’une position de subordination aux prix vers une capacité progressive d’influence sur les marchés mondiaux », a-t-il déclaré.
Cette ambition repose notamment sur :
- l’harmonisation des cadres réglementaires ;
- le renforcement de la concertation régionale ;
- la mise en place d’une veille stratégique performante sur les marchés.
Des instruments concrets pour réguler et sécuriser la filière
Pour répondre durablement à la volatilité, plusieurs leviers structurants ont été présentés :
- La “Route du CICC”, conçue comme un outil de structuration des échanges et de stabilisation des flux ;
- Les bourses de matières premières, permettant une meilleure gestion des risques et la mobilisation de financements adaptés à la filière anacarde ;
- Les mécanismes de régulation publique, intégrant à la fois les réalités techniques (production, traçabilité, qualité) et les dimensions sociales propres aux territoires producteurs.
Vers une souveraineté économique de la filière anacarde
En conclusion, Monsieur Sanogo a réaffirmé que l’avenir de l’anacarde africaine repose sur des politiques publiques audacieuses, coordonnées et ancrées dans les réalités locales.
Le CICC continuera d’œuvrer pour que la valeur créée par la filière soit mieux répartie et que les instruments modernes de régulation et de financement deviennent de véritables boucliers au service des producteurs africains.